Le Business Plan : un document clé : écrit, synthétique mais complet, qui raconte et chiffre votre projet.
Plan financier en Belgique : guide complet 2026
Par Xavier De Poorter, expert en création d'entreprise en Belgique
Guide de référence · Wikipreneurs.be · Mise à jour : juin 2026
Le plan financier est le document chiffré qui démontre que votre future société disposera de moyens suffisants pour vivre ses deux premières années.
En Belgique, c'est une obligation légale pour créer une SRL, une SA ou une SC, encadrée par l'article 5:4 du Code des sociétés et des associations (CSA).
Un plan bâclé peut même engager votre responsabilité personnelle en cas de faillite. Bonne nouvelle : vous pouvez le rédiger vous-même si vous comprenez ce que la loi attend.
Ce guide vous explique, point par point, ce qu'il doit contenir, à qui le remettre, ce que vous risquez et comment le construire, avec un modèle gratuit à la clé.
Dernière mise à jour : juin 2026. Sources légales : Code des sociétés et des associations (art. 5:4, 6:5, 7:3) ; note technique de la Commission des Normes Comptables.
- →Qu'est-ce qu'un plan financier ?
- →Le plan financier est-il obligatoire en Belgique ?
- →Que doit contenir un plan financier ? Les 7 éléments légaux
- →À qui remettre le plan financier ?
- →Quels risques si le plan financier est mal fait ?
- →Comment faire son plan financier ? La méthode étape par étape
- →Faire son plan financier soi-même ou avec un expert-comptable ?
- →Modèle et outils pour votre plan financier
- →FAQ : vos questions sur le plan financier
- →En résumé
Qu'est-ce qu'un plan financier ?
Un plan financier est un état prévisionnel qui chiffre l'activité d'une société en création et les moyens financiers nécessaires pour la mener à bien. Il rassemble vos prévisions de revenus, de dépenses, d'investissements et de financement afin de prouver que l'entreprise pourra fonctionner durablement, et plus précisément pendant au moins deux ans.
En clair, le plan financier répond à une seule grande question : « Avec l'argent que vous mettez au départ et celui que vous espérez gagner, votre société tiendra-t-elle debout ? » Il traduit votre projet en chiffres : combien vous investissez, combien vous comptez vendre, quelles charges vous devrez payer et à quel moment l'activité devient rentable.
Ce n'est pas un exercice purement théorique. Le notaire en a besoin pour constituer la société, la banque l'exige pour vous accorder un crédit, et vous-même y gagnez une vision lucide de la viabilité de votre projet avant de vous lancer.
Plan financier ou business plan : quelle différence ?
On confond souvent les deux. Le business plan est le document stratégique global : il décrit votre marché, votre offre, vos clients, votre stratégie commerciale et votre équipe. Le plan financier en est le volet chiffré et prévisionnel. Surtout, leur statut diffère : seul le plan financier est une obligation légale à la constitution d'une société de capitaux.
| Critère | Business plan | Plan financier |
|---|---|---|
| Objet | Stratégie globale du projet | Traduction chiffrée et prévisions |
| Contenu | Marché, offre, marketing, équipe, vision, plan financier, approche commerciale | Bilans, comptes de résultats, trésorerie |
| Destinataire | Investisseurs, partenaires, banque | Notaire (obligatoire), banque, investisseurs |
| Obligation légale | Non | Oui (SRL, SA, SC) |
| Horizon | Variable | Minimum 2 ans |
En pratique, le plan financier est souvent un chapitre du business plan. Mais c'est lui, et lui seul, que la loi vous impose de rédiger et de remettre au notaire. Pour construire le vôtre : comment réaliser un business plan.
Le plan financier est-il obligatoire en Belgique ?
Oui. Le plan financier est obligatoire pour constituer une SRL, une SA ou une SC (les sociétés à responsabilité limitée). Il n'est pas obligatoire pour une entreprise individuelle (indépendant en personne physique), mais il y reste fortement recommandé.
Cette obligation découle directement du Code des sociétés et des associations, entré en vigueur le 1er mai 2019. La logique du législateur est simple : puisque la responsabilité des associés d'une société de capitaux est limitée à leur apport, ils ne risquent en principe pas leur patrimoine personnel. En contrepartie de cette protection, la loi exige qu'ils réfléchissent sérieusement, avant de créer la société, aux moyens financiers nécessaires. Le plan financier est la preuve de cette réflexion.
Pour quelles formes de société ?
| Forme juridique | Obligatoire ? | Base légale |
|---|---|---|
| SRL (ex-SPRL) | Oui | Article 5:4 CSA |
| SA (société anonyme) | Oui | Article 7:3 CSA |
| SC (société coopérative) | Oui | Article 6:5 CSA |
| Entreprise individuelle | Non (recommandé) | Sans objet |
| ASBL | Non | Sans objet |
Si vous créez une SRL, la forme la plus courante en Belgique pour les PME et les indépendants en société, vous ne pouvez pas y échapper : sans plan financier signé, le notaire ne peut pas passer l'acte de constitution.
Que doit contenir un plan financier ? Les 7 éléments légaux
L'article 5:4 du CSA impose sept éléments minimum : la description de l'activité, l'aperçu des sources de financement, un bilan d'ouverture et des bilans projetés à 12 et 24 mois, un compte de résultats projeté, un budget des revenus et dépenses sur deux ans, les hypothèses retenues, et le cas échéant le nom de l'expert qui vous a aidé.
C'est le cœur de l'obligation. La loi ne se contente pas de réclamer « un plan financier » : elle en fixe le contenu minimum. Voici, point par point, ce que vous devez y faire figurer.
- Une description précise de l'activité projetée. Que va vendre ou produire la société ? À qui ? Selon quel modèle de revenus ? C'est la base sur laquelle reposent tous vos chiffres.
- Un aperçu de toutes les sources de financement à la constitution. Apports en numéraire des associés, apports en nature, emprunts bancaires, prêts d'associés, subsides : d'où vient l'argent du départ ?
- Un bilan d'ouverture et des bilans projetés à 12 et 24 mois, établis conformément au schéma de bilan visé à l'article 3:3 du CSA. Ils montrent ce que la société possède (actif) et doit (passif) au départ, puis comment cette photo évolue.
- Un compte de résultats projeté à 12 et 24 mois. Vos produits (chiffre d'affaires) moins vos charges : le résultat attendu, bénéfice ou perte, pour chacune des deux premières années.
- Un budget des revenus et dépenses pour une période d'au moins deux ans. C'est l'approche « trésorerie » : quand l'argent rentre, quand il sort, pour vérifier que vous ne tombez jamais à sec.
- Une description des hypothèses retenues (ventes, dépenses, investissements, financement) lors de l'estimation du chiffre d'affaires et de la rentabilité. C'est sans doute le point le plus important pour votre protection : des hypothèses crédibles et documentées sont votre meilleure défense.
- Le cas échéant, le nom de l'expert externe qui a apporté son assistance lors de l'établissement du plan (par exemple votre expert-comptable).
- ✓Activité
- ✓Financement
- ✓Bilan d'ouverture + bilans à 12 et 24 mois
- ✓Compte de résultats à 12 et 24 mois
- ✓Budget revenus et dépenses sur 2 ans
- ✓Hypothèses
- ✓Nom de l'expert (si applicable)
Chacun de ces sept éléments est détaillé dans notre fiche dédiée, qui distingue ce qui est obligatoire de ce qui est seulement recommandé : le contenu obligatoire d'un plan financier.
Sur combien d'années porte le plan financier ?
Sur une période d'au moins deux ans après la constitution. C'est le minimum légal. Dans la pratique, beaucoup de fondateurs et de comptables établissent le plan sur trois ans, par prudence et parce que la rentabilité d'un projet se mesure rarement sur 24 mois. Plus votre horizon est large et argumenté, plus le notaire et la banque seront rassurés.
Le capital de départ « suffisant » : la notion clé depuis 2019
Depuis le 1er mai 2019, la SRL n'a plus de capital minimum. L'ancien seuil de la SPRL a disparu. À la place, la loi exige des capitaux propres de départ « suffisants », c'est-à-dire un montant adapté à l'activité prévue. Et c'est précisément le plan financier qui doit justifier ce caractère suffisant.
Cette réforme a libéralisé la création de société, mais elle a déplacé la responsabilité vers les fondateurs. Vous pouvez créer une SRL avec un capital modeste, mais si ce capital est manifestement trop faible pour faire vivre l'activité deux ans, vous vous exposez. Le plan financier n'est donc pas qu'une formalité : c'est l'instrument qui prouve que votre mise de départ est sérieuse.
À noter : la SA (société anonyme), elle, conserve un capital minimum de 61 500 €, à souscrire et libérer intégralement à la constitution.
À qui remettre le plan financier ?
Vous remettez le plan financier au notaire, daté et signé par les fondateurs, avant la signature de l'acte de constitution. Le notaire le conserve de manière confidentielle : il n'est ni publié, ni déposé au greffe, ni rendu public.
Concrètement, le plan financier n'est lu, en temps normal, que par vous et votre notaire. Il ne figure pas dans les statuts publiés au Moniteur belge et n'est pas consultable par des tiers. C'est un document privé.
Il existe toutefois une exception majeure : en cas de faillite survenant dans les trois ans suivant la constitution, le tribunal de l'entreprise peut réclamer le plan financier au notaire. Il devient alors une pièce centrale pour apprécier si les fondateurs avaient prévu des moyens suffisants. Autrement dit, le document que personne ne lit en temps normal peut ressortir au pire moment, raison de plus pour le soigner.
Quels risques si le plan financier est mal fait ?
Si votre société tombe en faillite dans les trois ans suivant sa constitution, votre responsabilité personnelle peut être engagée si les capitaux propres de départ étaient manifestement insuffisants pour assurer l'exercice normal de l'activité pendant au moins deux ans. Vous pourriez alors être condamné à combler tout ou partie du passif.
C'est l'aspect le plus sous-estimé du plan financier, et celui qui en fait bien plus qu'une formalité administrative. La protection de la responsabilité limitée, l'un des principaux avantages de la SRL ou de la SA, peut tomber sur ce terrain précis.
Le mécanisme est le suivant. En cas de faillite précoce, le curateur et le tribunal examinent le plan financier déposé chez le notaire. Deux questions se posent :
- Les capitaux propres de départ étaient-ils suffisants au regard de l'activité réellement projetée ?
- Le plan reposait-il sur des hypothèses sérieuses, ou sur des chiffres gonflés pour justifier une mise de départ trop faible ?
Si la réponse penche vers une sous-capitalisation manifeste, les fondateurs peuvent être tenus personnellement responsables des dettes sociales. C'est exactement pourquoi le sixième élément légal, la description des hypothèses, est si important : un plan financier prudent, documenté et cohérent est votre meilleure protection juridique.
Ne gonflez jamais artificiellement vos prévisions de chiffre d'affaires pour « faire passer » un capital de départ trop bas. C'est précisément ce comportement que la règle de responsabilité sanctionne. Mieux vaut un plan réaliste avec un capital adapté qu'un plan optimiste sur une base fragile.
Comment faire son plan financier ? La méthode étape par étape
Un comptable n’est pas indispensable. Vous pouvez réaliser votre plan financier vous-même ou avec l’aide de spécialistes de la création d’entreprise pour construire un plan financier solide, mais il faut procéder dans l'ordre.
Voici une méthode en cinq étapes. Pour la version détaillée, avec les formules de calcul, un exemple chiffré et une checklist finale : comment réaliser un plan financier, la méthode en 6 étapes.
Étape 1 : décrire l'activité et le modèle de revenus
Commencez par poser noir sur blanc ce que fait la société : produits ou services, clientèle visée, mode de facturation. Cette description conditionne tous vos chiffres. Soyez précis : « conseil en marketing digital pour PME, facturation à la journée, 3 à 5 clients récurrents » est plus exploitable que « activité de conseil ».
Étape 2 : estimer les investissements et le besoin de financement
Listez ce dont la société a besoin pour démarrer : matériel, stock initial, aménagements, dépôt de garantie, trésorerie de sécurité. Confrontez ce total à vos ressources : apports des associés, emprunt bancaire, subsides. L'écart vous indique votre besoin de financement, et c'est lui qui détermine si votre capital de départ est « suffisant ».
Étape 3 : construire le compte de résultats prévisionnel
Projetez vos produits et vos charges sur 24 mois (idéalement 36). Côté produits : votre chiffre d'affaires attendu. Côté charges : loyers, salaires, cotisations sociales, achats, marketing, assurances, honoraires comptables, amortissements. La différence donne votre résultat prévisionnel.
Étape 4 : vérifier la trésorerie et le seuil de rentabilité
Un projet rentable « sur le papier » peut manquer de liquidités. Établissez un budget de trésorerie : quand l'argent entre réellement et quand il sort. Vérifiez que le solde ne devient jamais négatif. Calculez enfin votre seuil de rentabilité (le point mort).
Le seuil de rentabilité est le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre l'intégralité de ses charges, sans bénéfice ni perte. En dessous, elle perd de l'argent ; au-dessus, elle en gagne.
Étape 5 : justifier les hypothèses
Pour chaque prévision importante, en particulier le chiffre d'affaires, expliquez sur quoi vous vous basez : nombre de clients réaliste, prix de marché, comparaisons avec le secteur. C'est l'étape qui protège juridiquement les fondateurs et convainc la banque.
Réaliser mon plan financier moi-même
Construire son plan financier soi-même est possible, surtout pour un projet simple. Cela vous force à comprendre en profondeur votre modèle économique et à vous approprier vos chiffres, un atout précieux face à un banquier. En contrepartie, vous portez seul le risque d'erreurs ou d'hypothèses trop optimistes. Par contre il faut aussi bien maîtriser les notions comptables techniques de bilan et de compte de résultat, ce qui est rare pour un entrepreneur.
Avantages : coût quasi nul, maîtrise totale de vos données, montée en compétence entrepreneuriale.
Inconvénients : risque d'oublis (TVA, BFR, charges sociales), manque de recul sur la crédibilité.
Idéal pour : indépendant en SRL, faibles investissements, financement sur fonds propres.
À prévoir : un bon modèle de tableur et beaucoup de rigueur.
C'est la voie la plus économique, à condition d'accepter une courbe d'apprentissage et de vérifier soigneusement vos résultats, et d’avoir la capacité de construire les bilans et comptes de résultat.
Réaliser mon plan financier avec un spécialiste de la création d'entreprise
Faire appel à un spécialiste de la création d'entreprise, c'est s'entourer d'une expertise avant tout business. Il ne se contente pas d'aligner des chiffres : il challenge vos hypothèses de marché, vos marges et votre stratégie de croissance pour bâtir un dossier réellement convaincant.
Avantages : vision business large, hypothèses réalistes, dossier solide pour les financeurs, challenge et renforcement de vos idées.
Inconvénients : coût légèrement plus élevé qu'en autonomie, expertise comptable/fiscale parfois moins pointue.
Idéal pour : entrepreneur non spécialisé en chiifres et comptabilité, projets ambitieux, levée de fonds, recherche d'investisseurs ou de subventions.
À prévoir : un accompagnement structurant sur le modèle économique global.
Ce profil apporte le recul entrepreneurial qui manque souvent aux créateurs et transforme un simple tableau de chiffres en véritable argumentaire stratégique face aux partenaires financiers.
Réaliser mon plan financier avec un comptable
L'expert-comptable maîtrise parfaitement la comptabilité, la fiscalité et la réglementation. Il sécurise la cohérence chiffrée de votre plan et garantit sa conformité, un vrai gage de sérieux. En revanche, il connaît moins le business et l'entrepreneuriat, et peut manquer de recul sur la pertinence commerciale de votre projet.
Avantages : rigueur technique, fiabilité fiscale et sociale, continuité pour tenir ensuite votre comptabilité.
Inconvénients : vision business plus limitée, hypothèses commerciales parfois peu challengées. Vocabulaire technique, pas toujours compréhensible. Coût plus élevé qu'en autonomie,
Idéal pour : structures avec enjeux fiscaux complexes, obligations comptables lourdes.
À prévoir : des honoraires récurrents et une relation de long terme.
C'est le choix de la sécurité technique, pertinent si la complexité comptable et fiscale de votre activité augmente sensiblement.
Réaliser mon plan financier de manière hybride
L'approche hybride combine le meilleur des deux mondes : un spécialiste de la création d'entreprise construit et challenge les hypothèses business, tandis qu'un expert-comptable sécurise la cohérence chiffrée, fiscale et réglementaire. Vous obtenez un plan à la fois ambitieux et solide techniquement.
Avantages : vision entrepreneuriale et rigueur technique réunies, dossier très crédible.
Inconvénients : coût le plus élevé, coordination nécessaire entre les deux intervenants.
Idéal pour : emprunts importants, plusieurs associés, activités gourmandes en capital.
À prévoir : un budget conséquent mais un fort retour sur investissement face aux financeurs.
C'est l'option la plus complète pour convaincre banquiers et investisseurs, en alliant la crédibilité stratégique du projet à la fiabilité des chiffres présentés.
Faire son plan financier soi-même ou avec un expert-comptable ?
Vous pouvez rédiger votre plan financier vous-même : l'assistance d'un expert externe n'est pas une obligation légale. Mais sur un projet à enjeux (emprunt important, plusieurs associés, activité capitalistique), l'aide d'un expert-comptable ou d’un coach entrepreneurial réduit fortement le risque d'erreurs et de mise en cause de votre responsabilité.
Tout est question d'équilibre entre coût, temps et risque.
| Critère | Soi-même | Expert-comptable | Spécialiste création entreprise |
|---|---|---|---|
| Coût | Gratuit (avec un modèle) | 750€ jusqu’à 2 000 € + réviseur d’entreprise | 330€ |
| Temps | Plusieurs heures à plusieurs jours | Limité (vous fournissez les données) | Quelques heures |
| Expérience business | Dépendant de l’entrepreneur | Moyenne | Elevée |
| Fiabilité des chiffres | Variable | Élevée | Élevée |
| Couverture du risque | Plus faible | Plus solide | Plus solide |
| Crédibilité bancaire | Correcte | Renforcée | Renforcée |
Un plan financier ne se résume pas à aligner des chiffres, il traduit un projet en hypothèses réalistes (marché, marges, besoin en fonds de roulement…). Or l'expert-comptable maîtrise la comptabilité, mais pas forcément le business et l'entrepreneuriat. Sa réalisation gagne donc souvent à être confiée à un spécialiste de la création d'entreprise, qui apporte une vision business plus large tout en ayant les compétences financières. L'idéal reste une approche hybride : associer cet expert business à une expertise comptable, pour combiner vision entrepreneuriale et rigueur technique.
En règle générale : si votre projet est simple (indépendant en SRL, peu d'investissements, ), un bon modèle et de la rigueur suffisent. Si vous empruntez beaucoup, êtes plusieurs associés ou avez une activité gourmande en capital, faites construire votre plan par un spécialiste de la création d'entreprise, idéalement en tandem avec un expert-comptable, qui pourra ensuite tenir votre comptabilité. Enfin, pour la partie bilan et compte de résultat, il faut soit que vous maitrisiez ces techniques, soit que vous demandiez à un expert de le faire pour vous.
Modèle et outils pour votre plan financier
Vous n'avez pas à partir d'une feuille blanche. Pour gagner du temps et n'oublier aucun des sept éléments légaux, appuyez-vous sur des ressources prêtes à l'emploi :
- un modèle de plan de trésorerie à télécharger (Excel, gratuit), à compléter avec le bilan d'ouverture et le compte de résultats sur 24 mois
- la méthode pas à pas, qui détaille les calculs (seuil de rentabilité, besoin en fonds de roulement) et se termine par une checklist avant le dépôt
- la liste des sept éléments de l'article 5:4 du CSA, à vérifier avant de transmettre le document au notaire
Ces outils ne remplacent pas votre réflexion sur les hypothèses (le cœur du plan reste votre connaissance du projet), mais ils garantissent une structure conforme et complète.
FAQ : vos questions sur le plan financier
❯ Qu'est-ce qu'un plan financier ?
Un état prévisionnel qui démontre que votre société disposera de moyens suffisants pour exercer son activité durant au moins deux ans. Il chiffre vos revenus, dépenses, investissements et besoins de financement.
❯ Le plan financier est-il obligatoire en Belgique ?
Oui, pour la constitution d'une SRL, d'une SA et d'une SC. Il n'est pas obligatoire pour une entreprise individuelle, mais reste fortement recommandé.
❯ Quelle loi encadre le plan financier ?
L'article 5:4 du CSA pour la SRL, l'article 7:3 pour la SA et l'article 6:5 pour la SC. Le CSA est entré en vigueur le 1er mai 2019.
❯ Que doit contenir un plan financier ?
Sept éléments minimum : description de l'activité, sources de financement, bilan d'ouverture et bilans à 12 et 24 mois, compte de résultats projeté, budget des revenus et dépenses sur 2 ans, hypothèses retenues, et le cas échéant le nom de l'expert externe.
❯ Sur combien d'années porte le plan financier ?
Sur une période d'au moins deux ans après la constitution. Dans la pratique, beaucoup de plans couvrent trois ans pour plus de prudence.
❯ À qui dois-je remettre le plan financier ?
Au notaire, avant la signature de l'acte de constitution. Il le conserve de manière confidentielle ; il n'est ni publié ni rendu public.
❯ Le plan financier est-il public ?
Non. Il reste confidentiel chez le notaire. Il n'est divulgué qu'en cas de faillite survenant dans les trois ans, où le tribunal peut le réclamer.
❯ Y a-t-il encore un capital minimum pour la SRL ?
Non. Depuis le 1er mai 2019, la SRL n'a plus de capital minimum. Les fondateurs doivent toutefois prévoir des capitaux propres de départ « suffisants », justifiés par le plan financier.
❯ Quel est le capital minimum d'une SA (société anonyme)?
61 500 €, intégralement souscrit et libéré à la constitution. La SA reste donc soumise à un capital minimum, contrairement à la SRL.
❯ Que signifie « capital de départ suffisant » ?
Un montant de fonds propres jugé adéquat, au regard de l'activité projetée, pour assurer la continuité pendant au moins deux ans. C'est le plan financier qui en apporte la justification.
❯ Que risque-je si mon plan financier est mal fait ?
En cas de faillite dans les trois ans suivant la constitution, votre responsabilité personnelle peut être engagée si les capitaux propres de départ étaient manifestement insuffisants pour couvrir une activité normale.
❯ Puis-je rédiger mon plan financier moi-même ?
Oui. L'assistance d'un expert externe n'est pas obligatoire. Vous pouvez utiliser un modèle, mais l'aide d'un expert-comptable ou d’un coach entrepreneurial réduit le risque d'erreurs et de mise en cause de votre responsabilité.
❯ Combien coûte un plan financier ?
Gratuit si vous le faites vous-même avec un modèle. Avec un expert-comptable, comptez généralement de 750 à 2.000 euros selon la complexité du projet. Avec un coach entrepreneurial, comptez quelques centaines d’euros.
❯ Quelle différence entre business plan et plan financier ?
Le business plan décrit la stratégie globale ; le plan financier en est le volet chiffré et prévisionnel. Seul le plan financier est une obligation légale à la constitution.
❯ Le plan financier doit-il être signé ?
Oui, il doit être daté et signé par les fondateurs, puis remis au notaire avant l'acte de constitution.
❯ Un indépendant en personne physique doit-il établir un plan financier ?
Non, ce n'est pas une obligation légale. Il est néanmoins vivement conseillé pour vérifier la viabilité du projet et obtenir un financement bancaire.
❯ Quels documents comptables composent le plan financier ?
Un bilan d'ouverture, des bilans projetés à 12 et 24 mois, un compte de résultats prévisionnel et un budget de trésorerie sur au moins deux ans.
❯ Qu'est-ce que le seuil de rentabilité dans un plan financier ?
Le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre toutes ses charges. Le calculer aide à démontrer la viabilité du projet au notaire, à la banque et à des investisseurs.
❯ La banque exige-t-elle un plan financier ?
Oui, en pratique. Pour accorder un crédit professionnel, la banque demande un plan financier solide prouvant la capacité de remboursement.
❯ Peut-on modifier son plan financier après la constitution ?
Le plan déposé au notaire est figé à la constitution. Vous pouvez établir de nouvelles prévisions par la suite pour votre pilotage interne ou un financement, mais elles ne remplacent pas le document légal initial.
En résumé
Le plan financier est bien plus qu'une case à cocher chez le notaire. C'est l'obligation légale qui vous force à vérifier, chiffres à l'appui, que votre projet tient la route. C'est aussi le document qui, en cas de faillite précoce, déterminera si votre responsabilité personnelle est engagée. Pour le réussir : respectez les sept éléments de l'article 5:4 du CSA, prévoyez un capital de départ réellement adapté à votre activité, et surtout documentez vos hypothèses. Que vous le rédigiez seul avec un modèle ou avec l'aide d'un expert-comptable ou d’un coach entrepreneurial, un plan financier prudent et cohérent est à la fois votre meilleur argument auprès de la banque et votre meilleure protection juridique.
À propos de l'auteur
Xavier De Poorter
Expert en création d'entreprise et accompagnement des entrepreneurs en Belgique
Xavier De Poorter accompagne depuis 20 ans les entrepreneurs belges dans la création et la structuration de leur société : du choix de la forme juridique au plan financier, en passant par les démarches au guichet d'entreprises, l'assujettissement à la TVA et le financement.
Fondateur de Wikipreneurs, il met à disposition des futurs indépendants et dirigeants de PME des guides pratiques, des modèles et des outils pour entreprendre en Belgique en toute sérénité.
Il est aussi responsable du Cours de Création d’entreprise à l’ICHEC Brussels Mangement School (HEC Bruxelles) et fondateur du département PME depuis 1995.
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/xavierdepoorter/
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